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Vert-Nibet

Biographie

 

Michèle Vert-Nibet est née en 1948, vit et travaille à la frontière espagnole entre Perpignan et Barcelone. Elle dessine et peint depuis son plus jeune âge. De nombreuses rencontres avec Salvador Dali lui vaudront des encouragements et son appui dans sa démarche artistique. Sa peinture naïve n’est pas sans rappeler les couleurs et le style du pays du soleil levant. Ses belles pommes rouges, qu’un Montgolfier n’aurait pas reniées, flottent sur un paysage autant nippon que catalan. On retrouve dans ses œuvres le reflet de son environnement, le massif des Albères, la baie de Cadaqués, ainsi que la permanence des trois cultures, catalane, française et espagnole. Dans ses toiles, elle dépeint avec poésie une vision personnelle et authentique de la vie. Des œuvres avec souvent une touche de surréalisme, représentant un tableau dans le tableau, avec des vols de mouettes traversant la toile posée en équilibre sur le chevalet. Équilibre encore, mais fragile, pour ses personnages emblématiques, installés sur le bord du châssis, admirant un paysage à la fois local, lacs, Canigou, cerises, et pourtant universel par le calme, la douceur, le chatoiement. En plus d’un engagement social, elle poursuit une carrière internationalement reconnue de peintre, de poète et d’écrivain. Elle a publié de nombreux recueils de poésie, livres d'art à tirage limité avec œuvre originale. De 1973 à 2015, Michèle Vert-Nibet a exposé avec succès dans de nombreuses galeries en France, Espagne, Italie, Allemagne, Suède, en Suisse, en Chine, au Japon et aux USA. Plusieurs œuvres de Vert-Nibet ont été acquises par des Musées en France en Espagne, en Suisse, en Belgique et aux Iles Baléares. Elle a déjà exposé à la galerie «Au temps qui passe» en 1995 et 1998.

 

Extraits d'interview

 

D'où viennent votre sensibilité et votre passion pour l'art?

 

Ce sont les premières années de l'enfance qui structurent toute une vie. J'ai vécu dans un village au coeur de la nature. A une époque où il y avait peu de télévision, l'attention était essentiellement tournée vers un immédiat inépuisable, c'est-à-dire le rythme des saisons, les plantes, les oiseaux, les arbres, les étoiles. C'était merveilleux d'être initiée à toutes ces choses.

 

J'ai toujours vu des tableaux chez nous. Ils étaient d'ailleurs commentés, on en parlait souvent. A la maison, il y avait une importante bibliothèque. Je lisais sans arrêt et j'en oubliais l'heure des repas. J'étais profondément absorbée par ce que je lisais.

 

Il y a aussi une anecdote que je crois déterminante. Mon père, qui était transitaire, s'occupait des formalités nécessaires lorsque Salvador Dali franchissait la frontière. Un jour, sur le trottoir devant le bureau, les douaniers ont ouvert une caisse immense qui contenait le célèbre tableau "Le Christ de St-Jean de la Croix." J'avais six ans, je regardais de tous mes yeux ce personnage, Dali, sa cape, sa canne, ses moustaches et ce tableau gigantesque. Ma tante m'a dit avec respect "C'est un des plus grands peintres du monde !" Cela s'est imprimé dans mon esprit d'une manière fulgurante et définitive, comme quelque chose de rare, d'étrange et d'infiniment supérieur.

 

Quelle définition donneriez-vous de l'art naïf et en quoi vous correspond-il ?

 

C'est un réalisme poétique difficile à définir. Un art populaire et j'assume le terme. Un art assez simple, assez gai, près de la nature et des gens. Ce que je sais, c'est que cette peinture me convient. Mon appartenance à ce mouvement est une coïncidence plus qu'une filiation. Il y a l'art haïtien, mais aussi l'art yougoslave. A Bali, en Afrique, un peu partout dans le monde, des gens tout d'un coup se mettent à peindre et à créer. 

 

C'est une grande liberté. J'ai pris cette voie tout simplement. En même temps, je redoutais une certaine facilité à pouvoir faire une autre peinture, très rapide, contemporaine. Ce que je réalise est d'une élaboration extrêmement lente. Même si c'est long, dur, fatiguant, prenant et que ça n'en finit jamais.

 

Quel est votre processus de création?

 

J'ai besoin d'une certaine discipline. Si je ne vais pas assez à l'atelier, il y a le manque qui s'installe et je suis alors incomplète. Même si je ne peins pas, dans l'atelier, je regarde, je range, je réfléchis.

 

C'est une émotion parfois légère, parfois violente qui déclenche le processus;  cela peut être une image, un paysage, une atmosphère. Ce choc esthétique m'amène immédiatement au travail. D'abord avec des dessins très rapides, dont certains sont éliminés. Après, arrive le temps de la réalisation, beaucoup plus lente, qui réserve aussi des surprises. Le plus réjouissant est le moment où tout se déclenche, puis quand le tableau est achevé. Finalement, c'est assez mystérieux car ii y a une zone non maîtrisable.